OMPHALOSKEPSIS
Omphaloskepsis : occupation (très répandue) de celui qui se contemple son nombril (nombrilisme).



L'homme dénaturé a perdu l'habitude de regarder, d'observer, de décrypter. Il ne voit plus rien. Son nombril lui suffit.

Les névroses et les psychoses qui détruisent le mental de tant de nos contemporains ne sont que les manifestations - souvent violentes et haineuses - d'une fracture du soi profond en une myriade d'ego en guerre les uns contre les autres, une myriade de simulacres et d'impostures contradictoires qui tissent la vie sociale et la "morale" qui l'exprime. La folie est incohérence. L'incohérence est folie. La Sagesse est le contraire de la folie. La Sagesse c'est la paix intérieure et l'indifférence à l'inessentiel.

La violence est une maladie mortelle. Violence des coeurs dans les chantages affectifs. Violence des esprits lorsqu'ils dénigrent, mentent, méprisent, ridiculisent, éreintent, lorsqu'ils abusent de mauvaise foi. Violence des âmes lorsqu'elles sombrent dans l'intolérance, dans le fanatisme, dans l'intégrisme.

Le narcissisme, l'arrogance, la vanité... font chuter dans la bêtise.
De même celui qui veut être le plus fort, qui veut toujours gagner et être le premier répète tout le temps. Les médias répètent indéfiniment ce que répètent les médias. Le collectif peut être plus bête que l'individu. Un homme bête souffre toujours de la même passion, il veut toujours avoir raison. Il n'a plus cette réactivité, cette faculté de bifurcation, d'adaptabilité.
Dans notre société politiquement correcte, il faut du courage pour tenir un "autre" discours. C'est l'ouverture vers l'inattendu qui fait l'intelligence. Ne pas refuser ce qui étonne.

Egocentrisme, narcissisme, nombrilisme. Beaucoup de nos contemporains sont esclaves de l'avoir et du paraître. A l’autre extrême, on trouve les humains tellement stressés par le salut de leur âme et leur karma qu’ils s’en pourrissent la vie à grands coups de culpabilisations, de macérations, de flagellations, de terreur du péché, à grands coups d’incantations vaines et ridicules : prier pour le salut de son âme. Ce n’est pas prier qu’il faut faire, mais bien faire de sa vie une œuvre belle et ciselée. Sacraliser n’est pas sacrifier. Le sacrifice est une maladie mentale de même que la violence est une maladie mortelle.

L'ego susurre : regardez comme je suis beau, intelligent, talentueux. Regardez comme je sais vous flatter. Mais je peux vous prendre avec moi si vous me rendez bien quelques menus services... Et cela fait tourner le monde. Et cela conduit au délabrement de soi, à la misère intérieure, à la tristesse du cœur et de l'âme, à la sécheresse de l'esprit.
Que faire ? Abolir la tyrannie de l'ego, le domestiquer pour le mettre au service d'autre chose que l'ego nombriliste et narcissique. Moi, je... moi, je... moi, je...

La séduction pourquoi pas, pourvu qu'elle soit mise au service de l'harmonie des rapports, de la beauté des relations, de la courtoisie, pourvu qu'il s'agisse de rendre le monde plus agréable à regarder et à vivre. Mais alors, parlons d'élégance et oublions les narcissiques et les pervers qui ne visent que la subordination de l'autre par la force ou la séduction.

L'élégance est parfois aristocratique. La séduction est vulgaire. Et la vulgarité est la maladie la plus répandue parmi l'espèce humaine. Elle vise à occuper l'espace. Et si l'on y résiste, l'agressivité arrive au grand galop.
L'abolition de l'ego c'est l'élégance contre la vulgarité.

Aujourd’hui partout sur les choses et la vie, la com’ et la publicité roulent aussi des mécaniques. D’un bifteck médiocre, voir atroce en bouche et désastreux pour la santé, la publicité annonce à grand fracas le nez de tous les nez ; que le produit cache des pesticides, voici le bio de chez bio ; que le héros soit fragile et imbécile, voilà le dur d’entre les durs ; que l’invention répète des banalités, on annonce quand-même l’innovation du siècle, mieux encore, une disruption : Eclatez de rire à la pub Quichotte, à la com Matamore, aux annonces Cyrano.

Eaux et vents chahutent les autres éléments. La mer efface le problème du mal, dans lequel les terriens pataugent avec délices. Sous la mature on apprend le Bien : le commun et le sien propre. Le moindre mensonge met l’esquif et son équipage en danger de couler, de bruler, d’exploser. La courtoisie permet de naviguer en minimisant les dangers. La mer exige qu’on lui obéisse. Nous devons obéir à la nature pour connaître mieux notre nouvelle partenaire. Depuis quelques siècles nous l’avons réduite en esclavage de sorte qu’aujourd’hui sa révolte risque de nous éliminer de son règne.

La vertu à la Montesquieu, celle qui préside aux démocraties, je ne l’ai connue qu’à bord. Partout ailleurs, ministères, universités, entreprises…, toutes institutions à l’abri de murs stables sur leurs fondations de sable, tous pataugent sans risque mortel et pourrissent allégrement. J’ai souvent rêvé d’amariner un peu ce beau monde, par mer sept, pour qu’ils purgent leur foie en déversant leur bile, tous en rond autour de la baille. Ils accosteraient meilleurs

Tout le monde a droit à l'erreur. On peut toujours repartir du bon pied et sur le bon chemin avec ce refrain "Today is the first day of the rest of my life". Mais que de temps perdu. Quel gâchis d'effort et d'énergie. Mieux vaut préparer le voyage avec soin, car il s'agit du voyage de la vie, tout de même.

Dans une humanité enlaidie par la laideur publicitaire et par un individualisme consommateur mortifère... c'est une course sans fin : bonheur du gain, bonheur de la consommation, bonheur stéréotypé.

A propos de la laideur dans laquelle notre société est plongée :
"J'ai peur que ceux qui y baignent ne soient entraînés dans la plus grande violence. La beauté est libératrice. La beauté sauve. La beauté permet un certain apaisement.

Les hommes pour la plupart sont incapables de maîtriser et de domestiquer leur ego. Ils sont et resteront des égocrates, certains arrogants et agressifs; la plupart goguenards, jouisseurs et mous. Les égocrates veulent nier le Réel. Ils veulent imposer leurs idéologies, c'est la loi de l'égocratie généralisée.

Elite démagogique vs. élite aristocratique : l'élite démagogique est composée d'égocrates fanatiques. Elle veut mener le troupeau pour en faire sa gloire, sa fortune ou sa puissance. Elle n'accomplit rien, elle pille, elle asservit, elle saccage, elle piétine tout ce qui est sacré.
L'élite aristocratique ne veut rien mener du tout. Elle donne l'exemple sans ne rien imposer. Elle fait taire son ego et elle chemine avec élégance et noblesse, gourmande d'accomplissements..

Là où l'ego règne la joie s'étiole. Les 3 vertus : passion, frugalité, non-ego. La progression procure la joie

La mémoire c'est l'héritage de notre passé. L'action c'est le lot de notre présent. Le projet c'est notre intention pour le futur. Chacun porte en lui une vocation profonde. Ne pas réaliser sa vocation profonde c'est passer à côté de son destin, c'est rater sa vie, irrémédiablement.

Fuir les petits nerveux qui gaspillent votre joie de vivre, votre énergie. Enfin de l'air frais. Enfin du temps disponible ! Refusez les pressions des nerveux.
La Joie est ce sentiment de plénitude qu'il faut entretenir, même au milieu des difficultés inhérentes à chaque vie d'homme.

Il n'y a pas de temps à perdre dans les querelles d'ego, la dispute stérile et la polémique inutile.
L'humain doit d'urgence renoncer à son orgueil conquérant et opter pour la simplicité. Le mot clé de l'avenir est la symbiose, l'art de vivre avec le monde vivant et non contre lui.
Si vous voulez apporter votre pierre à l'édifice (préserver la planète), ce n'est pas en allant dans les manifs, les marches pour le climat et autres revendications utopistes qui ne sont que le symptôme d'une société hystérisée et en perte de sens.

Thanatos : force obscure, pulsion de mort. Boucle infinie d'un mental malade qui trouve toujours le moyen de détruire et de haïr, de dénigrer, de salir.

L'humain doit d'urgence renoncer à son orgueil conquérant et opter pour la simplicité. Le mot clé de l'avenir est la symbiose, l'art de vivre avec le monde vivant et non contre lui.

"J'aimerais avancer qu'environ 10% d'ente nous souffrent de cette psychopathie qui les empêchent de compatir aux souffrances d'autrui, d'hésiter à passer sur le corps de quiconque, y compris en le tuant, pour parvenir à leurs fins, de puissance ou de gloire. Leurs ego font un tel bruit qu'ils occupent l'espace, assourdissent le monde, tiennent les pouvoirs, et pour ouvrir les voies de leurs conquêtes, organisent la rivalité permanente, en obligeant la majorité à la compétition et au combat.
Ces matamores ignorants de toute empathie désirent à tout prix la fortune et la gloire au profit exclusif de leur ego morbide
Ils en instaurent une culture, même une économie… ornées par ces "exploits"… culture et histoires créées par d’autres psychopathes, historiens ou philosophes, collaborateurs de ce pouvoir.
Non que l'homme soit bon ou mauvais, mais l'humanité se compose d'un grand nombre de braves gens rêvant qu'on leur foute la paix, face à une infime minorité de ces psychopathes dont l'activisme féroce modèle la culture et l'histoire."

Quels que soient les cailloux dans son lit, l'eau trouvera toujours un chemin pour couler vers l'aval. Les cailloux ne lui importent guère : en les contournant elle les use jusqu'à les réduire en sable.
Fluidité contre fixité. Orient et Occident. L'eau qui coule, le caillou qui lutte. D'un côté la lutte, de l'autre l'harmonie.

Notre époque, parce que tous les repères se sont effondrés les uns après les autres, est une époque de déshérence et d'inquiétude. Il est plus facile de réussir dans la vie que réussir sa vie.

Ne pas tricher, jamais. Ni hypocrisie ni complaisance, ni prostitution. Etre vraiment ce que l'on est.

Guerres picrocholines... faux durs, vrais mous, rions de leurs vantardises. En guerre, en chasse, en amour... qui joue au dur n'est que mou.

Mieux vaut perdre que tricher. ... dans une société où les tricheurs pullulent pour l'emporter facilement et se soumettent ainsi à l'autorité en se courbant avec bassesse devant les prix, décorations et classements, jamais devant la vérité. Celui qui triche s'avoue à lui-même, et bientôt cela se voit, qu'il ne vaut rien. Il n'acquiert que des médailles en carton. Je hais la triche et ceux qui trichent car ils n'inventeront jamais rien. Détournez-vous de ces parasites nuisibles, ne travaillez jamais avec eux, ne partagez pas leur pain.

La prescription efface le crime, le vol ou le délit au-delà d’un certain temps. S’il y a récidive, ou continuité des délits, il ne peut y avoir de prescription. Pour ceux qui ont trahi, menti, volé et commis d’autres délits sans récidive, leur faute sera un jour prescrite. On ne les punira plus mais on n’oubliera pas ce qu’ils ont fait. Trahir la confiance revient ainsi à se trahir soi-même. Il reste à espérer pour ceux qui ont triché de ne pas l’avoir fait avec des êtres qui chercheront à se venger. On connaît l’orgueil stupide des vendettas à l’Italienne qui lance la vengeance et le temps des malheurs. Ignorez ceux qui vous ont trahi pour lancer le temps des bienfaits et du bonheur.

La prescription c’est l'oubli second. Rien ne libère mieux l'esprit, l'âme et le corps que cet oubli second. L'histoire retient le fautif, le criminel, mais rien ne libère mieux des ressentiments amers de l'histoire que la prescription. Rien ne soulage mieux que de perdre le ressassement, face pathétique de la mémoire, face pathologque de l'instinct de mort. Se lançant dans un temps neuf, ce futur "choisi" ouvre une chance de paix parallèle et contraire à celle de la vengeance. Libération du cauchemar collectif. JOIE

Il n'y a pas de recette pour inventer. Il faut avoir le courage de s'éloigner des sentiers battus.
Le monde à venir sera ténébreux ou lumineux selon que les hommes sauront ou non changer leurs relations aux choses et aux êtres.

Bifurcations ! sorties d'anciennes places afin de ne pas mourir. Nécessité de changer de paradigme ou de disparaître

Si vous voulez apporter votre pierre à l'édifice (préserver la planète), ce n'est pas en allant dans les manifs, les marches du climat, les Gilets Jaunes etc. Vous ne serez que l'idiot utile des politiciens et vous justifierez leur racket.
Un seul tanker qui transporte les iPhones des Marcheurs (du climat ou autre) équivaut en pollution à 60 millions de voitures.

Réformes ou révolutions ? Trop souvent les réformes ne sont réformes que de ce qui cloche chez les autres et refus de se réformer soi-même. Trop souvent les révolutions sont un retour au même.

Il faut devenir meilleur. Meilleur que quoi ? Que soi-même. Se dépasser, se transcender, se surmonter

La valeur d'un homme, d'une nation, d'un peuple, d'une race, d'une civilisation se mesure à l'ampleur de sa contribution à l'esprit

L’esprit émerge de la Vie comme la Vie émergea de la Matière. Et le destin humain, la vocation humaine sont de devenir la voie de cette émergence.
La vie fut dépassement de la matière. L'Esprit est le dépassement de la Vie.

Virtuel et Réel
De Nicolas Machiavel : l'évolution se tisse entre la Virtu (potentialités internes) et la Fortuna (opportunités externes). Il en va ainsi de la vocation de chacun qui se construit sa légende personnelle par la rencontre de son "dedans" et de son "dehors". Toute rencontre d’un germe et d’un monde est pleine de possibles.
Voir : attracteurs

Aujourd'hui j'accède aux informations du monde par moteur de recherche. Le virtuel peut devenir réel. Tenir en main le monde, jamais homme ne put prétendre à pareille puissance. Utopie crie le Ronchon.
Lorsque l'on vous dit "Dans ton monde tu vas perdre le sens des réalités", rappelez-vous que c'est ce que disait Mère-Grand à ses petits-enfants, perdus dans les pages de leurs livres d'antan. Certes les fausses nouvelles, calomnies et rumeurs malignes sont répandues à foison sur les réseaux sociaux. Allons plus loin. Homo Sapiens pour survivre dans les déserts tropicaux, la toundra polaire, la forêt pluviale, les latitudes tempérées. Il PEUT. Le virtuel c'est la vertu, le principe, l'essence de l'homme. Contrairement à la vache qui ne quitte pas la réalité verte de l'herbe qu'elle broute, le crabe pince toujours ses victimes et la pieuvre enserre ses proies élastiquement étouffées... En somme l'animal remplit sa niche [écologique], alors que l'humain ne cesse jamais de s'en écarter, désobéissant. Le virtuel est notre vertu.

La vertu reste souvent virtuelle. Elle est notre puissance, notre potentiel. Présente, elle se tapit, dormante. Modeste, elle se retient. Vraie, la vertu est de retenue. Nul ne se trompe sur qui la pratique sauf quelques naïfs devant l’hypocrisie. D’où vient que le virtuel réside, habite, sommeille, se révèle et se retient parmi les actes réels ? La loi de Newton gît virtuellement dans les pommes qui tombent et c’est en vertu de la loi de Newton que les pommes tombent. Point de morale ni de politique dans l’attraction de Newton.

Sources : Marc Halévy, Michel Serres.
Et un peu de cogitation /plaisir pour faire fructifier les semences des philosophes du concret.
A suivre...